La luminothérapie contribuerait-elle aussi au traitement de la dépression non-saisonnière?
La question reste posée et quelle réponse peut-on donner à l’heure actuelle?
C’est le Dr Kripke du département psychiatrique de l’Université d’Helsinki (où les habitants ne sont pas vraiment inondés de lumière), qui le premier à mis son doigt dans l’engrenage de la dépression non-saisonnière et de la luminothérapie.
Le chemin allait être long (c’est pourquoi je scinderai le sujet en deux articles…on n’est pas des bêtes quand même.
L’une des toutes premières études qu’il entreprit en ce domaine, en 1981 (ça ne nous rajeunit pas) fit apparaitre une réduction importante des symptômes dépressifs en moins d’une journée après une séance de luminothérapie d’une heure. Est-ce confirmé?
Fort de ces résultats, il persévère et en 1987 (quand je vous disais que les médecins savaient faire preuve de patience) il fait état de l’amélioration de ses résultats en soumettant ses patients à des séances étalées sur 5 jours.
Mais, comme lorsqu’un abruti a déclaré que la terre était ronde (alors que tout le monde sait qu’elle est plate!) d’autres chercheurs s’acharnaient à prétendre que le Dr Kripke se fourrait le doigt dans l’œil. Qui a raison?
luminothérapie et dépression non-saisonnière: les chercheurs sont partagés
Bon, soyons objectifs, il était peut-être encore un peu tôt pour faire sauter le bouchon de champagne.
L’équipe tâtonnait sur les méthodes et sur la précision des résultats.
Remettant son marteau sur l’enclume, il communiqua en 1992 les résultat d’une expérience comparative établissant que des patients ayant suivi un traitement de luminothérapie ont vu leur taux de dépression diminué de 18% alors que dans le même temps, d’autres sujets traités à un placebo ( “fausses “ lampes de luminothérapie) n’avaient montré aucune amélioration.
Dans la foulée (le temps est relatif en matière de recherche) il conclut dans un rapport de synthèse en 1998 que la luminothérapie peut offrir une voie non médicamenteuse de traitement de la dépression non-saisonnière. Comment le démontre-t-il?
La luminothérapie et les traitements antidépresseurs démontreraient des niveaux équivalents d’amélioration.
De plus la luminothérapie donnerait des résultat en une semaine là où les médicaments mettraient 5 semaines.
Il ajoutait enfin que l’effet de la lumière pouvait apporter une amélioration jusqu’à 35% en une semaine alors qu’il aurait fallu 2 ou 3 mois aux antidépresseurs!
Les détracteurs étant toujours prêts à glisser une peau de banane en dessous des godasses de celui qui sort des rangs il lui fallait encore répondre à un autre de leur argument. Lequel?
Et si les patients soumis aux cures de luminothérapie n’étaient-ils pas sujets à des dépressions saisonnières pendant une période de l’année? Hé, hé, ça fausserait tous les résultats!
Mais quand on y croit, on ne se laisse pas vite déstabiliser. Et puis, au fil du temps, la théorie commençait à séduire d’autres scientifiques.
L’on a alors (patiemment) choisit des sujets, victimes malheureuses de dépression depuis 2 ans, et non sensibles aux dépressions saisonnières. Le résultat?
Bingo, la réponse fût remarquable puisque 50% des patients allaient connaitre une complète rémission en 5 semaines.
Sa conclusion est inébranlable: « la luminothérapie est à considérer comme une voie non-médicamenteuse dans le traitement de la dépression non-saisonnière. Elle agit plus rapidement, une amélioration de l’état apparaissant au bout d’une semaine ».
Vous n’êtes toujours pas convaincus? Le monde médical dans son intégralité non plus.
Votre horloge biologique peut-elle, en étant remise « à l’heure », supprimer votre dépression?
De nouvelles études ont été menées entre 2002 et 2009 et la synthèse de celles-ci doit être faite pour savoir si elles rejoignent la position de Dr Kripke
Qui a raison, qui a tort?
La meilleure solution ne serait-elle pas de considérer qu’il y a lieu de couper la poire en deux?
La luminothérapie peut-elle vraiment vaincre la dépression non-saisonnière? Les études du Dr Kripke n’auraient-elles pas été menées avec un manque de rigueur scientifique, ne laissant entrevoir aucune alternative optimiste ?
Je ne le pense pas.
La voie était tracée.
Bientôt la solution.
luminothérapie et dépression non saisonnière
NO STRESS




